Si le Gabon est mondialement connu comme le dernier Eden du fait de sa riche biodiversité et ses efforts de conservation de ce patrimoine naturel, ce lien avec la préservation de la faune et de la flore, des eaux remonte le temps, à partir de l’année 1934 lorsque survient le classement de plusieurs superficies de son de territoire en aires protégées.
Si l’on s’en tient à l’histoire de la conservation de la nature au Gabon, la forêt de Sibang est la première à avoir été, en 1934, érigée en station expérimentale forestière bénéficiant d’un statut de protection. Puis, s’en est suivi une batterie de classement motivée par la loi.
Par exemple, les premières réserves de faune avaient été créées, avant l’indépendance, c’est-à-dire dix ans après que la forêt de Sibang ait été érigée en station expérimentale, sur la base de la réglementation sur la chasse, les décrets du 27 mars 1944 et du 18 novembre 1947, étaient, à l’origine des réserves cynégétiques, dans lesquelles la chasse était interdite, jouxtant des domaines de chasse où la « la grande chasse» (ou chasse sportive) était organisée. La réglementation les distinguait alors sous l’appellation plus concrète de « réserves totales de faune» et « réserves partielles de faune» (les domaines de chasse).
Ensuite, en 1956, apparaissent les réserves de faune et domaines de chasse, dont l’objectif principal était de réglementer les activités de chasse en certaines zones afin de réaliser une exploitation rationnelle de la faune. « D’autres furent fusionnées en 1972 et redéfinies en réserve présidentielle de Wonga-Wongué. A cette époque, les textes sur la protection ou la gestion de la forêt et la faune étaient distincts », explique un document stratégique sur la répartition des terres au Gabon.
En effet, jusqu’à la loi du 22 juillet 1982, ces types d’aires protégées n’assuraient que la protection des animaux, et non de leurs habitats. Mais depuis 1982, les réserves de faune bénéficient d’une protection absolue.
Enfin, en 2001, le Code forestier apporte de nouvelles dispositions qui prennent forme progressivement avec l’identification, le classement et le déclassement de forêts, des réserves et des domaines. Entre 1994 et 2006, débute la protection des ensembles historiques de la moyenne vallée de l’Ogooué et des monts Iboundji pour la protection des biens culturels.
Cette histoire, peu connue du grand public au Gabon, trace le parcours de la conservation au Gabon. Toutefois, si elle met en évidence le parcours légal, l’intention de cet article n’est pas d’occulter le rôle majeur joué par les peuples autochtones et les communautés locales durant des siècles dans la conservation de la biodiversité. Et pour cause, sur la question, Edwige Eyang Effa, experte gabonaise en gestion forestière durable estime qu’on ne peut parler de conservation sans prendre en compte l’implication de ces communautés.
Séraphin Lame






