Au Gabon, l’organisation d’une conférence internationale offre des débouchés à la valorisation de l’Iboga et son principe actif le plus répandu, l’Ibogaïne. Favorable à la valorisation durable de cette « plante sacrée », le Gouvernement y voit en l’engouement autour de l’Iboga, une niche de développement économique et sociale pour les communautés les plus concernées.
C’est dans la foulé de la conférence internationale sur l’Iboga et l’Ibogaïne, la première du genre au Gabon, qui se tient actuellement depuis hier, lundi 12 janvier 2025 à la Sablière dans une structure hôtelière de la place que nous avons décidé d’exhumer cet article qui fait la jonction entre l’usage traditionnel, scientifique et commercial de l’Iboga. Par la même occasion, nous exhumons également le récit du Professeur Nestor Engone Obiang, écologiste végétale, scientifique travaillant au Centre National de Recherche Scientifique et Technologique (CENAREST) qui consacre la plupart de son travail à l’étude de la « dynamique forestière »
L’Iboga est à la fois une plante spectaculaire, considéré par les peuples Bantu du Gabon comme étant sacré. Elle soignerait jusqu’à 500 pathologies si l’on en croit certaines révélations scientifiques. Cependant, dès lors qu’il s’agit de comprendre les spécificités techniques de cette plante à la fois vedette dans les cérémonies initiatiques au Gabon, mais appréciée avec beaucoup de recule par la communauté scientifique que ce soit au Gabon ou ailleurs, un fossé à peine visible se crée.
Mais avec le Professeur Nestor Engone Obiang, il faut comprendre que l’Iboga ou tarbernanthe de son appellation scientifique une plante qui appartient à la famille des « apocynaceaes ». C’est, explique-t-il pour dissiper tout malentendu et recadrer le débat autour de l’origine de l’Iboga, « une plante endémique du Gabon, c’est-à-dire, une espèce qu’on ne retrouve que dans un territoire précis ». Mais avec les similitudes perceptibles dans les forêts du Bassin du Congo, ajoute-t-il, « on peut aussi la retrouver au Congo et plus ou moins en occident, puisque la plante est désormais très cultivée dans les jardins de par le monde. Mais sa niche naturelle, ce sont les forêts du bassin du Congo notamment au Gabon ».
La paternité de l’Iboga est symboliquement attribuée au Gabon, au regard de l’engouement traditionnel des communautés locales et autochtones à l’égard de cette plante. Mais ce n’est pas cet aspect qui nous intéresse aujourd’hui. Nous nous sommes rapprochés du Professeur pour comprendre l’Iboga dans sa profondeur écologique : son espace de croissance ; son cycle de vie ; sa contribution scientifique mais également son avenir au Gabon.
Si le premier point a déjà été abordé dans les lignes plus haut, il ressort pour argumenter sur le deuxième point que l’Iboga a encore en effet des beaux jours de vie au Gabon. Puisque selon le Professeur, « l’iboga est de plus en plus cultivé dans les jardins ». Cette particularité donne une dimension inépuisable à cette plante. Quant à son apport scientifique, la mobilisation de la communauté scientifique entre le Gabon, la France, les Etats-Unis et autres pays a montré qu’il était possible d’extraire l’un des principes actifs de l’iboga « (l’Ibogaïne) », « une molécule qui est utilisée aujourd’hui pour aider des personnes qui sont dépendantes de la drogue ». L’Ibogaïne peut être l’utilisé comme remède sur le plan pharmaceutique. C’est cette valeur que le consortium des ONGs américaines (Amerans for Ibogaïne (AFI), Bloc of operators in the Iboga sector (BOIS) et le Reset health (RE7)) à l’origine de la conférence internationale sur l’Iboga et l’Ibogaïne veulent exploiter car détenteur d’un brevet.
Malgré ces résultats nécessaires pour la connaissance de la plante et l’engouement de nombreuses ONGs au niveau international, les scientifiques divergent plus ou moins sur la question de l’apport scientifique de l’Iboga. Cependant la conférence de Libreville, les échanges autour et les conditionnalités de son exploitation à l’échec industrielle sont toutefois révélatrices de belles promesses pour les avancées médicales, l’emploi et autres.
Cette trajectoire, soit-elle embryonnaire, montre que la valorisation de l’iboga a un bel avenir au Gabon où de plus en plus, traditionalistes, scientifiques et ONGs sortent du confort de leurs temples, laboratoires et bureaux à la recherche des débouchés pour mieux valoriser l’Iboga. « Sur le plan national et international, il y a plusieurs organismes prêts à financer ce genre de recherche par le canal d’association ou ONG à cause de ses effets », souligne le Professeur. Une fois de plus, la conférence de Libreville réaffirme cet engouement.
Il va s’en dire que l’organisation de ce type d’événement qui regroupe l’ensemble des acteurs de la chaine de valeur souhaitée de l’Iboga offre à la fois des débouchés économique, sociales et culturelles pour l’Iboga. C’est donc reconnaitre que cette combinaison culture gabonaise et contribution scientifique, source de discorde il y a des années en arrière sur l’apport de l’Iboga ajouter du crédit à la mythique plante du Gabon.
Michael Moukouangui Moukala






