S’il est souvent admis que la conservation vise la protection de la faune et de la flore, celle-ci cache cependant d’autres réalités, moins explicites, à l’exemple de la sécurisation du territoire que très peu d’observateurs savent. C’est ce que révèle le Professeur Lee White, ancien ministre des Eaux et Forêts du Gabon, qui dans un post LinkedIn consacré au lien entre la sauvegarde de la biodiversité et la paix à travers le monde, trahit un défi de conservation assez subtile.
« À travers le monde, il existe un lien clair entre le maintien d’écosystèmes sains et intacts et le soutien à la paix et à la sécurité durables », a fait savoir le Professeur Lee White dans son post, à l’occasion de la journée mondiale consacrée à la faune sauvage célébrée hier, mardi 03 mars 2026. Pour l’ancien ministre des Eaux et Forêts du Gabon, protéger et gérer la faune, ses habitats et sa nature intacte ne se résume pas seulement à la possibilité d’observer des espèces remarquables telles que les loutres, les phoques, les félins sauvages et les oiseaux marins. Elle requiert également une dimension sécuritaire assez importante comme la sécurisation des frontières nationales.
Au Gabon, où Lee White était tour à tour Conseiller à la présidence de la République, Secrétaire exécutif de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) et Ministre de l’Environnement, cette réalité s’est imposée comme une urgence nécessaire. Son récit, élaboré sur la base de son expérience de terrain, est assez formel sur le lien existant entre sécurisation du territoire et préservation de l’environnement. « Une grande partie de nos investissements dans la conservation des forêts du bassin du Congo était que celles-ci et l’eau qu’elles envoient vers le Sahel et l’Éthiopie étaient essentielles pour maintenir la stabilité sur le continent africain », a-t-il fait savoir, ajoutant que « même la lutte contre le trafic d’ivoire visait autant à empêcher Boko-Haram de s’implanter au Gabon qu’à protéger les éléphants ».
Selon lui, « protéger la nature aide à protéger les gens ». Dans de nombreux parcs au Gabon, ce lien entre préservation de la nature et sécurité se relève être fondamental pour la stabilité territoriale et régionale. Le cas du parc national de Minkébé soumis à de multiples défis sécuritaires, illustre cette vision de chose. Orpaillage illégal, braconnage transfrontalier d’ivoire et exploitation forestière non autorisée, souvent orchestrés par des réseaux criminels organisés tels que ceux affiliés à Boko-Haram, sèment le chaos et compromettent la stabilité de la région.
Ces crimes environnementaux perdurent en raison du manque de moyens de défense officielle et conséquente comme des hélicoptères, matériel de communication, armement et des ressources humaines et financières importantes, faisant des financements dédiés à la conservation des sources d’adaptations à la crise. L’objectif : protéger les zones officielles, les ressources naturelles et la biodiversité existante.
Unanimes sur cette réalité à Minkébé, les conservateurs et écogardes en poste sur ce site relèvent la nécessité de rehausser la protection de ce parc face à la menace extérieure.
La révélation du Professeur Lee White s’inscrit donc dans la perspective de la nouvelle configuration de la conservation dans laquelle, préservation de la nature et sécurisation des territoires constituent une composante indissociable.






