Le Gabon fait figure d’exception sur le continent. Treize parcs nationaux, 11 % du territoire classé en aire protégée, une façade atlantique préservée, une biodiversité parmi les plus riches d’Afrique. Sur le papier, la destination a tout pour séduire. Dans les faits, l’agence censée la promouvoir survit sous perfusion budgétaire.
Le conseil d’administration de l’Agence gabonaise de développement et de promotion du tourisme (AGATOUR) a sonné l’alarme, vendredi 24 avril, à l’occasion de sa session ordinaire. Le budget de fonctionnement 2026, arrêté à 468,5 millions francs CFA, ne laisse que 76,5 millions pour couvrir l’ensemble des charges opérationnelles. Le reste, soit 83%, est englouti par la masse salariale.
Avec une enveloppe aussi famélique, promouvoir la destination Gabon sur les marchés internationaux relève d’une équation impossible. Les salons du tourisme, les campagnes numériques, les partenariats avec les opérateurs étrangers ont un coût que 76,5 millions francs CFA ne sauraient couvrir. Pendant ce temps, des pays aux atouts naturels bien moindres investissent massivement dans leur image de marque.
La situation est d’autant plus paradoxale que les ressources existent en théorie. La loi prévoit qu’AGATOUR perçoive 1% du chiffre d’affaires des établissements hôteliers. Cette redevance, qui pourrait transformer les capacités opérationnelles de l’agence, n’a jamais été collectée. Le potentiel est là. La volonté de le mobiliser, manifestement pas.
Douze ans après sa création, AGATOUR n’a toujours pas décollé, comme le déplore elle-même sa présidente du conseil d’administration, Estelle Flore Angangou. Le Gabon continue de présenter ses forêts et ses parcs au monde entier dans les discours officiels, sans jamais se donner les moyens de les faire connaître sur le terrain.
Michael Green






