Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux par le Dr Stéphane Germain Iloko Boussiengui remet en lumière une problématique majeure de santé publique au Gabon, celle de la gestion des déchets produits par les établissements de santé.
Vétu d’une blouse blanche, le médecin filme les abords d’un hôpital où un conteneur jaune destiné aux déchets d’activités de soins déborde de sacs-poubelles. Autour du bac, des bouteilles en plastique, emballages et autres détritus sanitaires sont dispersés au sol, envahis par de hautes herbes, à proximité des bâtiments hospitaliers et non loin des habitations.
Prenant appui sur cette scène, le praticien rappelle qu’un hôpital ne se résume pas à la qualité de ses infrastructures ou de ses équipements. « L’hôpital est une usine de production de déchets », déclare-t-il, en évoquant la diversité des rejets générés par un établissement de santé, notamment des déchets biomédicaux, déchets ménagers, déchets industriels banals, mais aussi des eaux usées provenant des laboratoires, des morgues et des blocs opératoires. Pour lui, construire et équiper des hôpitaux sans prévoir un dispositif efficace de collecte, de traitement et d’élimination des déchets constitue une erreur aux conséquences potentiellement graves.
Les images montrent un conteneur jaune portant la mention « Déchets d’activités de soins à risques… », un équipement manifestement destiné à la collecte des déchets de l’établissement de santé. Arrivé à saturation, le bac déborde de sacs-poubelles tandis que de nombreux déchets sont éparpillés au sol et dans les hautes herbes environnantes. Cette accumulation, visible à proximité des bâtiments hospitaliers, interroge sur les conditions de collecte et d’évacuation des déchets produits par la structure, ainsi que sur les risques qu’une telle situation peut représenter pour la santé publique et l’environnement.
À travers cette vidéo, le Dr Stéphane Germain Iloko Boussiengui interpelle directement les plus hautes autorités du pays. Il estime que la modernisation du système hospitalier ne peut se limiter à la construction de nouveaux établissements ou à leur équipement en matériel médical. Elle doit également intégrer une politique rigoureuse de gestion des déchets hospitaliers, indispensable pour prévenir les risques de contamination, protéger l’environnement et garantir la sécurité des personnels de santé, des patients et des populations vivant à proximité des structures hospitalières. Pour le médecin, il est désormais urgent que cette question soit pleinement intégrée aux priorités des politiques publiques de santé.
Cette montée au créneau tombe à point nommé, alors que fréquemment, lors des opérations de lutte contre la pollution plastique par les ONGs, il n’est pas rare de tomber sur des tubes de prélèvements de sang contenant le liquide de la vie et la mention du patient. Cette découverte souvent à risque interroge sur la responsabilité des structures sanitaires et leur capacité à maîtriser la gestion de leurs déchets médicaux. Le sujet est assez sensible et interpelle l’ensemble des acteurs de la chaîne hospitalière.
Wilfried Mba N






