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Dette et Ecologie : un mariage toxique pour les pays africains selon le CADTM

6 août 2026
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Dette et Ecologie : un mariage toxique pour les pays africains selon le CADTM
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Le ratio moyen de la dette en Afrique représente 66,7% du PIB et la charge des intérêts absorbe 27,5% des recettes publiques. Pour le Comité pour l’abolition des Dettes illégitimes (CADTM) qui, hier, mercredi 5 aout 2026, en marge du Forum Social Mondial à Cotonou, a réuni les acteurs de la société civile de plusieurs pays du monde autour du thème « Nouvelle crise mondiale de la dette du Nord au Sud », dans de nombreux cas, ce ratio comporterait un caractère illégitime en raison de son caractère léonin.

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Américaine Latine, Asie, Afrique…environ 100% des pays composant ces blocs régionaux ont recours à la dette pour financer leur économie et partant, leur développement. Depuis les années 80 sous l’impulsion du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondial, selon le portrait dressé par Eric Toussaint, cette tendance est allée crescendo avec des graves impacts politique, économique et social.

A ce jour, selon le décompte effectué par l’OMC, la dette de l’ensemble des pays en développement se chiffre à 31000 milliards de dollars. Pour rembourser cet argent, 61 pays en développement consacrent 10% de leurs recettes publiques au paiement des intérêts de la dette. La situation n’est pas prête de changer, alors que près de la moitié des pays à faible revenu sont considérés comme étant en situation de surendettement.

« A partir des années 80, le Fonds monétaire international et la Banque mondial qui avaient encouragé les pays du sud global a accumulé des dettes en leur disant que tout irait bien, parce que en réorientant leur production et en abandonnant leur production vivrière locale, elle pourrait exporter sur le marché mondial des produits tropicaux et avoir des revenus pour générer le développement et rembourser leur dette », a expliqué Eric Toussaint, Porte-parole du CADTM.

Dans les faits, cette politique s’est manifestée par des programmes d’ajustement structurels. « On a appliqué des programmes d’ajustement structurels avec des effets catastrophiques pour les économies dans les années 80, 90, 2000 et 2010 » explique Eric Toussaint. Selon lui, ces programmes n’ont « généré du développement ni une amélioration de vie pour les populations ». Ce que confirme Solange Koné, Membre du Conseil international du CADTM qui dit, en 2006 en Cote d’Ivoire, avoir été victime d’un programme du FMI l’ayant conduit au chômage. Son éviction de la fonction publique cette année-là, découle d’une logique bien connu en Afrique où, lorsque des organisme tels que le FMI impose aux Etats des plans structurels, de façon systématique, cela induit des impacts sur les effectifs de la fonction publique, la masse salariale, le financement des projets publiques et bien d’autres. « Souvent on accuse la mauvaise gouvernance d’être la cause au problème de développement en Afrique, je suis d’accord, mais tout commence au moment où, les chefs d’Etat africains doivent procéder à la répartition des budgets », insiste-t-elle.

La dette est un goulot d’étranglement pour les pays en développement et particulièrement pour l’Afrique où le taux d’endettement moyen se situe autour de 60 à 70% du PIB. Or, reconnait Eric Toussaint, « on peut vivre sans le FMI, la Banque mondiale et les marchés financiers ». Cette possibilité, l’Equateur l’a expérimenté entre 2007 lorsque Rafael Correa crée par décret présidentiel, une commission d’audit intégrale du crédit public (CAIC) pour examiner la légitimité de la dette du pays entre 1976 et 2006. En 2008, cet audit conduit à la suspension du paiement d’une partie de la dette commerciale jugée « illégitime ».

L’expérience équatorienne est possibilité de répliquer, à condition cependant que les pays notamment d’Afrique aient le courage d’emprunter cette voie. Cela est d’autant plus nécessaire que le poids de la dette menace de façon directe, l’équilibre écologique des territoires du fait de la prédation des ressources naturelles pour éponger celle-ci. « Les politiques néo-libérales de privatisation, notamment des ressources naturelles d’augmentation de l’extraction des ressources naturelles au profit des grandes sociétés et le modèle agro-exportateur extractiviste porte atteinte à la nature et donc, a un impact écologique extrêmement grave. Oui, il y a un lien entre dette financière, crise écologique et surtout ce que nous appelons la dette écologique »

Pour Ladislas Ndembet dont l’ONG Muyissi Environnement est membre du Collectif africain pour la justice climatique (CAJC), il est nécessaire de faire annuler ces dettes, d’autant plus que celles-ci ne profitent pas aux populations. « La crise de la dette est extérieure au phénomène intérieur des pays. Devant cette situation, les occidentaux et les institutions financières qui sont les créanciers, provoquent des crises qui ont un impact négatif sur les pays qui prennent ces dettes et encore plus sur les populations », a-t-il fait savoir, expliquant que sans alternative, la précarité des populations va conduire à la prédation exagérée des ressources naturelles. Ce qui pourrait occasionner des lendemains difficiles, notamment pour les générations futures.

Michael Moukouangui Moukala

 

 

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