À Port-Gentil, sur le littoral de Libreville et à Akanda, plusieurs préoccupations environnementales ont été soulevées lors des auditions sur le budget 2027. Les parlementaires réclament un contrôle renforcé des activités industrielles. Reste à établir les faits et à rendre les résultats accessibles.
Les risques de pollution liés aux activités pétrolières à Port-Gentil, les effets possibles de l’extension de la Baie des Rois sur les milieux marins à Libreville et les poussières attribuées à l’usine Megador à Akanda ont été évoqués lors des auditions parlementaires du 24 octobre 2026 des ministres de l’environnement et du climat suite sur au projet de loi de finances 2027.
Le ministre de l’Environnement a défendu le renforcement des inspections, le contrôle des rejets et l’application des sanctions en cas d’infraction avérée. Des orientations qui soulèvent une question concrète : quels contrôles seront menés, et leurs résultats seront-ils rendus publics ?
À Port-Gentil, prévenir les fuites
En février 2026, une fuite sur une conduite d’hydrocarbures dans le quartier Côte-d’Azur avait entraîné l’évacuation temporaire des riverains. La presse avait rapporté un écoulement de pétrole brut à proximité des habitations et des opérations de confinement et de dépollution. Cet incident ne permet pas de généraliser le problème à l’ensemble des installations pétrolières, mais rappelle les risques associés aux conduites et la nécessité de les surveiller.
Des inspections régulières, le contrôle des effluents et des analyses de l’eau ou des sols, lorsque cela s’impose, sont essentiels pour repérer les pollutions et en mesurer l’étendue. Sans données accessibles, difficile de savoir si les mesures correctives sont suffisantes.
Baie des Rois : des effets à documenter
A Libreville, les travaux d’extension de la Baie des Rois suscitent également des inquiétudes quant à leurs conséquences possibles sur la biodiversité marine et le littoral. Les aménagements côtiers peuvent modifier les habitats et remuer les sédiments, mais l’ampleur des effets dépend des travaux réalisés et des mesures de prévention appliquées.
À ce stade, les inquiétudes exprimées ne suffisent pas à établir l’existence de dommages écologiques. L’étude d’impact environnemental et les résultats du suivi de la qualité de l’eau permettraient de mieux apprécier la situation. Il reste notamment à savoir quels indicateurs sont surveillés et si les résultats sont rendus publics.
À Akanda, les plaintes autour de Megador
Le 12 octobre 2026, Gabon Mail Infos rapportait les plaintes de riverains de Marseille 2, à Akanda, qui dénonçaient notamment des poussières grises, du bruit et des rejets d’eaux industrielles attribués à l’usine Megador.
Ces témoignages appellent des vérifications. Des mesures indépendantes de la qualité de l’air et des analyses des rejets permettraient d’en déterminer l’origine et l’ampleur. Les nuisances signalées ne constituent pas, à elles seules, la preuve d’une infraction. Toute sanction doit s’appuyer sur des constats établis et sur la réglementation applicable.
Des contrôles, mais aussi des résultats
Les trois dossiers sont différents, mais posent la même question : les autorités disposent-elles des moyens nécessaires pour contrôler les installations, mesurer les éventuelles pollutions et faire appliquer les règles ?
Le renforcement des inspections annoncé par le Ministre devra se traduire par des contrôles identifiables, des analyses fiables et un suivi des mesures correctives. La publication des résultats permettrait de distinguer les risques signalés des pollutions confirmées et de mieux informer les populations concernées.
Lors des débats budgétaires, les alertes ont été entendues. Il reste maintenant à savoir quelles vérifications seront menées et quelles suites leur seront données. C’est à ces éléments concrets que se mesurera l’efficacité du contrôle environnemental.
Séraphin Lame






