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Conservation : retards de paiement de salaires, loyers impayés, expulsions… à l’ANPN, le cocktail explosif qui concourt à la « chosification » des écogardes

11 novembre 2025
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Conservation : retards de paiement de salaires, loyers impayés, expulsions… à l’ANPN, le cocktail explosif qui concourt à la « chosification » des écogardes
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Devenue une tradition quasiment tous les trois mois, le Syndicat national des Écogardes du Gabon (SYNEG) vient de monter au créneau pour revendiquer le paiement de trois mois d’arriérés de salaires. Asphyxiés financièrement, certains ont même été mis à la porte par leurs bailleurs qui n’en peuvent plus de cette situation. La hiérarchie du SYNEG dénonce une chosification des sentinelles de la conservation.

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Si, dit-on, les années qui passent ne se ressemblent pas. Pour les écogardes, c’est tout le contraire. Plusieurs années après, en dépit du changement de régime, les mêmes réalités persistent. Ce mardi 11 novembre 2025, la hiérarchie du SYNEG, le syndicat des écogardes du Gabon, est montée au créneau pour s’insurger contre une précarité qui perdure depuis Mathusalem. Cette sortie musclée, qui a conduit au blocage des activités, s’explique suite au mutisme de la hiérarchie de l’Agence, dont Omer Ntougou est le secrétaire exécutif.

« Durant les quelques rencontres que nous avons eues, la hiérarchie nous a fait comprendre que le problème n’est pas à notre niveau. Il se situe au niveau du budget et du Trésor public », explique-t-on, ajoutant qu’on leur a fait comprendre que « tantôt c’est le Trésor qui bloque, tantôt c’est le budget qui manquerait de liquidités ».

Conséquence de cette situation, certains agents payés sur fonds de l’État cumulent trois mois sans salaire, tandis que d’autres, payés sur fonds Projet, cumulent jusqu’à quatre mois sans salaire. « Cela ne peut plus continuer ! » s’insurge Hugues Stéphane Ekomie-Ekomie, secrétaire général adjoint du SYNEG.

Dans deux courriers et une note d’information datés respectivement du 28 octobre et du 5 novembre 2025, le syndicat, à travers son secrétaire général, Sosthène Ndong Engonga, interpellait déjà la hiérarchie de l’ANPN sur une situation insoutenable ponctuée par ces mêmes retards de salaires et des choix administratifs discutables, notamment avec l’organisation d’un événement consacré à la sensibilisation et au dépistage autour d’ »Octobre Rose ». Un affront de trop pour les écogardes, alors que beaucoup parmi eux peinent à assumer leurs responsabilités et se font expulser des maisons qu’ils louent.

S’insurgeant contre cette situation, les écogardes ont procédé à la fermeture des locaux de l’Agence jusqu’à satisfaction de leurs revendications, à savoir l’assurance de garanties de régularité des salaires, la mise en place d’une assurance maladie complémentaire, l’assurance maladie commandement, la prise en compte des agents malades et l’organisation de l’élection des délégués du personnel.

Fait assez étonnant et régulier, cette montée au créneau intervient dans un contexte d’ouverture de la COP30, qui se tient actuellement à Belém, au Brésil, et où le Gabon, représenté par le ministre de l’Environnement, Mays Mouissi, fait la promotion des efforts du pays en matière de conservation de sa biodiversité. Une affiche technique et écologique qui trouve son fondement dans les efforts consentis par les écogardes qui, après les communautés locales et les peuples autochtones, jouent un rôle fondamental dans l’équilibre des écosystèmes forestiers nationaux.

« Nous nous battons pour la préservation de la biodiversité, mais nous sommes chosifiés. Nous voulons simplement que les choses changent. On ne peut plus continuer dans ce jeu de dupes, sachant que derrière nos difficultés, ce sont des familles qui en pâtissent », s’indigne Hugues Stéphane.

Avec l’arrivée des militaires au pouvoir en août 2023, le changement de tête au sommet de l’ANPN et le slogan de restauration de « la dignité des Gabonais », les écogardes, comme beaucoup de travailleurs gabonais, ont espéré un meilleur avenir à la suite de la Transition. Mais c’est sans compter les tares de gestion qui accablent l’administration gabonaise.

Compte tenu de l’inaccessibilité à leur siège, nous n’avons pas pu entrer en contact avec leur hiérarchie pour avoir la position de cette dernière sur cette grève. Tout de même, nous restons attentifs à cette grève !

Michael Moukouangui Moukala

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