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Parcs nationaux : vers une gestion déléguée

22 janvier 2026
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Parcs nationaux : vers une gestion déléguée
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La récente rencontre entre l’Ambassadrice de l’Union européenne au Gabon, Cécile Abadie, et le ministre gabonais des Eaux et Forêts, de l’Environnement et du Climat, Maurice Ntossui Allogo, s’inscrit dans la continuité d’un partenariat ancien axé sur la gestion durable des ressources naturelles. La gestion déléguée des parcs nationaux est apparu comme une priorité lors de cette rencontre. Cette option, nouvelle, renvoie à des enjeux structurels de conservation au Gabon.

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Depuis la création des 13 parcs nationaux en 2002, le Gabon s’est positionné comme un acteur majeur de la conservation en Afrique centrale. L’Union européenne (UE), de son côté, a accompagné en octroyant des financements pour la gestion de ces actifs verts, à travers des programmes liés à la gouvernance forestière, à la biodiversité et à la lutte contre l’exploitation illégale, notamment via le processus FLEGT engagé dans les années 2010 et les engagements pris dans le cadre du Green Deal européen adopté en 2019.

Pourtant, sur le terrain, la gestion des aires protégées continue de faire face à des contraintes persistantes : ressources financières limitées, déficit de surveillance, pressions liées au braconnage, conflits homme-faune et faibles retombées économiques locales. C’est dans ce contexte que la gestion déléguée des parcs apparaît comme une réponse opérationnelle face aux insuffisances du modèle classique, en confiant tout ou partie de la gestion à des structures spécialisées, sous contrôle de l’État.

Le communiqué conjoint du ministère des Eaux et Forêts et de l’Union européenne met en avant cette option sans toutefois en préciser les contours. Une question centrale demeure : qui portera concrètement la responsabilité de cette gestion ? S’agira-t-il d’ONGs internationales, de partenariats public-privé, ou de mécanismes mixtes associant acteurs locaux et partenaires techniques européens ? Les modalités de gouvernance, de financement et de redevabilité restent, à ce stade, peu explicitées.

Cette prudence contraste avec les engagements antérieurs de l’Union européenne, qui a régulièrement réaffirmé son soutien à une conservation inclusive, respectueuse de la souveraineté des États et bénéfique aux communautés riveraines. Or, dans plusieurs zones protégées, les populations locales continuent de percevoir la conservation comme une contrainte plutôt qu’une opportunité, révélant un décalage entre les discours et la réalité vécue.

Si elle est correctement encadrée,  cette gestion déléguée pourrait améliorer l’efficacité de la conservation, renforcer la transparence et mobiliser des expertises techniques adaptées. Surtout que 23 ans après leur création, l’Etat gabonais n’a pas su capitaliser sur ce patrimoine au regard des moyens colossaux dépensés. Ainsi, sans mécanismes clairs d’évaluation, de contrôle et d’ancrage local, elle risque de reproduire les limites déjà observées dans certains partenariats environnementaux.

La rencontre UE–Gabon réaffirme ainsi une volonté politique partagée, mais elle renvoie surtout à un défi majeur : transformer les engagements diplomatiques en résultats mesurables sur le terrain.

Wilfried Nguema M.

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