Malgré un rôle stratégique dans la préservation de la faune et de la flore, les écogardes du Gabon, agents de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) sont de loin les plus nantis de cette structure. Payés en « monnaie de singes » pour le plus grand nombre, leur situation ne s’est jamais améliorée depuis la création des parcs nationaux.
Au Gabon, il est impossible d’entrevoir la préservation de la nature sans les écogardes. Cette composante professionnelle de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) joue un rôle plus que stratégique dans la surveillance, le contrôle, l’éducation et la sensibilisation des populations sur le bien-fondé de la sauvegarde de ce patrimoine. Elle assure des missions aussi bien polyvalentes que transversales et se positionne en avant-garde des conflits liés à l’exploitation des ressources naturelles, à l’exemple du Conflit homme-faune (CHF).
C’est en 2004, à l’issue d’une formation à Gamba, dans la province de l’Ogooué-Maritime, que les Écogardes font pour la première fois leur apparition. Cette formation était consécutive à la création des 13 parcs nationaux à travers le pays. « Les Écogardes du Gabon sont formés pour la toute première fois en 2004 à Gamba », confirme un Écogarde qui a requis l’anonymat.
Si les principaux acteurs de cette profession le perçoivent comme un « noble métier », le statut de l’écogardes, « gardiens de la nature » manque de lisibilité. « Notre situation salariale et le plan de carrière n’a jamais progressé », ajoute la même source. Les irrégularités des salaires de ces agents de l’ANPN, le versement des cotisations sociales, les visites médicales au regard de leur contact permanent avec la forêt sont autant de faiblesses qui accablent cette profession.
D’après notre source, ces professionnels seraient divisés en deux catégories. La première catégorie percevant moins de 200.000 francs CFA de salaire et payée par l’Etat. La seconde catégorie est payée entre 160.000 et 250.000 francs CFA par les bailleurs de fonds tel que la Banque Mondiale. « Les conditions de traitement ne suivent pas. Car, après un stage, une évaluation ou une formation, les agents ont droit à un reclassement. Malheureusement, il n’en est rien! », s’indigne l’Ecogarde contacté par la rédaction de La Lettre Verte.
Les retards de paiement de salaire combiné à d’autres facteurs sont la cause du soulèvement du Syndicat national des écogardes du Gabon (Syneg). Réunis autour de leur syndicat, ces acteurs de la conservation réclament quatre mois d’impayés salariaux, à savoir les mois de janvier, février, mars et celui d’avril en cours. A ces impayés, s’ajoutent ceux de leurs collègues affectés auparavant dans le projet CAFI et qui cumulent neuf mois d’impayés de salaires.
« A ce jour, nous avons adressé trois courriers au Directeur général de la comptabilité publique et du Trésor. Ces courriers sont restés lettres mortes », fustige Sosthène Ndong Engonga, le président du SYNEG. Une situation qui n’est pas de nature à faciliter la confiance entre ces agents et leur hiérarchie.
Séraphin Lame





