Face à la recrudescence des conflits entre populations humaines et éléphants au Gabon, l’Agence gabonaise d’études et d’observations spatiales (AGEOS) développe une approche par l’analyse spatiale. Objectif : anticiper les déplacements de la faune sauvage avant que la confrontation n’intervienne.
L’expansion des activités forestières au Gabon n’est pas sans conséquence sur la faune sauvage. L’AGEOS, en collaboration avec l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN), mène des travaux pour cartographier les habitats et corridors d’éléphants, afin de comprendre comment l’exploitation du territoire perturbe leurs déplacements. Une démarche préventive qui conjugue données satellitaires et observations de terrain.
« Nous supposons que l’augmentation des activités au niveau des forêts perturbe les habitats des éléphants, et donc qui ont tendance à se rapprocher des habitations », a indiqué Obame Conan Vassily, directeur des applications et des sciences de l’espace. L’agence spatialise ces dynamiques pour identifier les zones à risque, là où la pression humaine sur la forêt est susceptible de générer des frictions avec la grande faune.
La méthode est précise dans sa division des tâches. L’AGEOS ne comptabilise pas directement les populations d’éléphants, ce travail revient à d’autres acteurs, via des méthodes de terrain spécifiques comme le pointage ou les prélèvements de crottes. L’agence, elle, intègre et spatialise ces données pour les rendre exploitables à l’échelle du territoire.
L’enjeu dépasse la seule protection de la faune. Les conflits homme-éléphant entraînent des destructions de cultures, des déplacements de populations et, dans les cas les plus graves, des pertes humaines. Disposer d’une cartographie fine des corridors animaux permet aux autorités d’anticiper ces situations et d’adapter leur politique d’aménagement du territoire en conséquence.
Michael Green





