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Flore : l’Iboga face aux enjeux de sa valorisation

2 juin 2026
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Flore : l’Iboga face aux enjeux de sa valorisation
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L’analyse de Jonathan Dickinson, publiée le 12 mai 2026 dernier sur la plate-forme Substack, précède l’adoption du décret n°0239/PR/MJSRCAVA du 22 mai 2026. Son propos ne saurait donc être interprété comme une réaction à ce texte réglementaire. Toutefois, la publication de ce décret, encadrant l’accès, l’utilisation, l’exploitation, la recherche, la transformation et la commercialisation de l’Iboga, de ses dérivés ainsi que des savoirs traditionnels associés, vient éclairer a posteriori sur la pertinence des enjeux déjà soulevés dans cette analyse.

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Adopté en Conseil des ministres et publié au Journal Officiel de la République gabonaise, ce cadre juridique s’inscrit dans une dynamique plus large de structuration de la gouvernance autour de l’Iboga, plante endémique du Gabon au cœur de multiples intérêts scientifiques, culturels et économiques.

Dans son texte, Jonathan Dickinson, auteur de Ibogaine and the Bicameral Mind, co-fondateur et PDG d’Ambio Life Sciences, et fondateur de Terragnosis, propose une lecture géopolitique des évolutions récentes liées à l’ibogaïne, principal alcaloïde extrait de l’Iboga. Il estime que les dynamiques internationales observées s’inscrivent dans un contexte où « une réponse aux intérêts américains » autour de cette molécule devient de plus en plus perceptible.

Selon lui, cette évolution s’insère dans un environnement politique marqué par la signature, aux États-Unis, d’un décret faisant de la recherche sur l’ibogaïne « une priorité nationale ». Il nuance cependant cette dynamique en rappelant que « le statut juridique de l’ibogaïne demeure inchangé », malgré un intérêt scientifique et institutionnel croissant qui pourrait, selon lui, faciliter à terme les protocoles de recherche.

Au-delà des considérations géopolitiques, l’analyse met en avant un axe central : la souveraineté du Gabon sur ses ressources génétiques et ses savoirs traditionnels. Jonathan Dickinson rappelle que le pays s’appuie sur le Protocole de Nagoya, cadre international relatif à « l’accès aux ressources génétiques et au partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation ». Il affirme également que « la ratification du Protocole de Nagoya visait principalement à protéger l’iboga ».

Dans cette perspective, les dispositifs juridiques nationaux s’inscrivent dans une logique de contrôle accru des ressources biologiques stratégiques, mais aussi de structuration des conditions d’accès pour la recherche internationale.

L’auteur met également en lumière les initiatives de conservation et de domestication de la plante. Il cite notamment les actions de l’ONG Bénédictions de la Forêt, engagée dans des programmes communautaires de protection de l’Iboga. Selon ses observations, ces initiatives auraient permis la mise en place de « 23 parcelles forestières dédiées à la culture et à la conservation de l’iboga », représentant environ « près de 100 000 arbres plantés et protégés ».

Dans cette approche, la dimension communautaire occupe une place centrale. L’analyse rappelle que les principes du Protocole de Nagoya reposent notamment sur le « consentement libre, préalable et éclairé » des communautés concernées, élément essentiel dans la gouvernance des ressources naturelles. La valorisation de l’Iboga ne saurait occulte cette réalité, ni même omettre de considérer la dimension économique et industrielle de cette plante et sa capacité à être bénéfique pour le développement communautaire.

Michael Moukouangui Moukala

 

 

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