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3 millions de déchets collectés : ce que les opérations de l’ONG La Liane révèlent des lacunes du suivi

11 septembre 2026
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3 millions de déchets collectés : ce que les opérations de l’ONG La Liane révèlent des lacunes du suivi
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Depuis 2022, l’ONG gabonaise La Liane mène des opérations de dépollution dans les mangroves et les milieux aquatiques associés du Grand-Libreville. Selon les chiffres communiqués par l’organisation, plus de 3 millions de déchets ont été collectés, dont plus de 2,8 millions de déchets plastiques.

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Les chiffres communiqués par l’ONG La Liane donnent une idée de l’ampleur des déchets retrouvés au cours de ses opérations de dépollution dans l’Estuaire du Grand-Libreville. Selon l’organisation, plus de 3 millions de déchets ont ainsi été collectés depuis le lancement de ses opérations en 2022. L’ONG La Liane estime ce volume à environ 20 700 sacs de 5 kg, correspondant à une masse estimée de 103,5 tonnes. Mais c’est surtout la composition de ces déchets qui interpelle. D’après le bilan communiqué par l’ONG, plus de 2,8 millions d’unités seraient des déchets plastiques, soit environ 93 % du cumul annoncé.

« Depuis le lancement de nos opérations de dépollution des mangroves en 2022, nous avons retiré plus de 3 millions de déchets des écosystèmes de mangrove et des milieux aquatiques associés. La fraction plastique représente plus de 2,8 millions d’unités », indique Christophen Louey Ntogolo, président de l’ONG La Liane.

Le plastique, révélateur d’une pollution plus large

La prédominance annoncée des plastiques dans les collectes ne constitue pas seulement un constat sur la nature des déchets retrouvés dans les mangroves. Elle renvoie également à la question de leur origine et des mécanismes qui permettent leur arrivée dans ces milieux.

Les mangroves constituent des interfaces entre les milieux terrestres et marins. Elles peuvent ainsi recevoir des déchets provenant des zones urbaines, des cours d’eau, des activités humaines installées à proximité des berges ou encore du ruissellement. Dans ce contexte, les opérations de nettoyage permettent de retirer une partie des déchets déjà présents dans l’environnement. Elles donnent également une visibilité concrète à une pollution qui reste difficile à mesurer dans son ensemble.

On peut ici se demander de savoir que représentent les déchets collectés lors de ces opérations par rapport à l’ensemble des déchets qui atteignent les mangroves et l’Estuaire ? Les données communiquées par La Liane ne permettent pas, à elles seules, de répondre à cette question. Elles constituent avant tout un indicateur issu des opérations menées par l’organisation. Pour mesurer l’évolution globale du phénomène, il faudrait pouvoir disposer de données comparables dans le temps, couvrant différents sites et différents types de flux.

Du nettoyage à la prévention

Le travail réalisé par les associations reste essentiel. Sans ces opérations, une partie des déchets présents dans les mangroves continuerait d’y séjourner et pourrait être susceptible de rejoindre les milieux marins. Mais la collecte intervient principalement après l’arrivée du déchet dans l’environnement. La prédominance du plastique annoncée par La Liane pose donc également la question de ce qui se passe en amont.

Réduire la pollution implique non seulement de nettoyer les zones déjà affectées, mais aussi de limiter la quantité de déchets susceptible d’y parvenir. Cela suppose notamment de mieux comprendre les circuits de production, de consommation, de collecte et d’élimination des déchets, mais également les flux susceptibles de les transporter vers les cours d’eau et l’Estuaire.

L’enjeu est d’autant plus important que les opérations de terrain peuvent difficilement constituer, à elles seules, une réponse durable à une pollution dont les sources restent multiples.

L’ONG La Liane, un révélateur du phénomène

À travers son bilan, l’ONG La Liane apporte donc un éclairage provenant directement du terrain. Ces chiffres ne suffisent pas à mesurer à eux seuls l’ensemble de la pollution plastique dans le Grand Libreville et l’Estuaire. Ils constituent néanmoins un signal qui mérite d’être pris en compte.

La véritable question est désormais celle du suivi : dispose-t-on de données suffisamment régulières, comparables et territorialisées pour savoir combien de déchets arrivent dans ces écosystèmes, d’où ils viennent et comment leurs volumes évoluent ?

À défaut d’une réponse précise, le nettoyage risque de rester essentiellement une course contre les déchets déjà présents. Les opérations de l’ONG La Liane ont au moins le mérite de rendre visible la réalité selon laquelle retirer les déchets des mangroves est nécessaire, comprendre pourquoi ils s’y retrouvent l’est tout autant.

Wilfried Mba N

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