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Massa Kone, l’homme qui fait bouger la société civile africaine

3 septembre 2026
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Massa Kone, l’homme qui fait bouger la société civile africaine
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Massa Koné, le nom de ce fervent défenseur des droits humains africains, en particulier ceux des communautés locales, ne vous dit certainement rien. Et pourtant, il est l’une des figures de proue de la lutte contre les injustice liées à l’accaparement des terres en Afrique de l’Ouest et du Centre. Son combat, mené depuis environ 34 ans, empreint de mobilisation et de sacrifice pour la cause des laissés-pour-compte, témoigne d’un engagement unique en son genre sur le continent.

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Originaire de la ville de Kadiolo, dans la région de Sikasso, au sud du Mali, en Afrique de l’Ouest, Massa Koné, juriste de formation et porte-parole de la Convergence Globale des Luttes pour la Terre, l’Eau, les Semences et les Forêts en Afrique centrale (CGLTE), aurait pu devenir tout sauf « fervent défenseur » des droits humains. L’armée était le choix de prédilection de ses parents, mais face à la pression des injustices, il a choisi la voie des luttes.

De l’Association des Élèves et Étudiants du Mali (AEEM) à l’Union des Associations et Coordinations d’Associations pour le Développement et la Défense des Droits des Démunis (UACDDDD), en passant par la Convergence Malienne contre les Accaparements des Terres (CMAT), No Vox Afrique, la CGLTE Afrique de l’Ouest et la Coalition Internationale de l’Habitat (HIC), la lutte contre les inégalités sociales l’a toujours animé. L’exemple le plus palpable reste son combat au marché Didiba de Bamako contre les rackets des policiers, dont étaient victimes la quasi-totalité des commerçants détaillants.

Raffermissant son attachement à la justice, il intègre en 2003 l’association « Farakan Ton » et l’Union des Associations et Coordinations d’Associations pour le Développement et la Défense des Droits des Démunis (UACDDDD), où il joue un grand rôle dans la mise en place de la Convergence Malienne contre les Accaparements des Terres (CMAT), dont il devient le porte-parole.

Au Mali, son combat pour la défense des terres permet de mobiliser plus d’un million de personnes victimes d’expropriations foncières au sein de l’UACDDDD. Dans le même élan, il joue un rôle important dans le plaidoyer pour l’avènement de la Loi portant sur le Foncier Agricole (LFA), une loi jugée progressiste qui reconnaît les droits coutumiers fonciers et met les communautés au cœur de la gestion foncière au niveau local.

Son combat a permis de donner de la joie et de l’espoir aux femmes commerçantes ainsi qu’aux chefs de famille désespérés, grâce à la reconnaissance de leurs droits dans des régions comme le Mandé, Ségou ou San pour ne citer que ces cas d’école. Cette mobilisation pour l’Afrique rurale ne s’est pas limitée au Mali. Au-delà de ce pays, à Dakar, au Sénégal, lors d’une déclaration en 2016, Massa Koné amène les acteurs et actrices, notamment du foncier, de l’eau, des semences paysannes et du pastoralisme, à mettre en place une dynamique appelée « Convergence Globale des Luttes pour la Terre et l’Eau Ouest-africaine » (CGLTE-OA).

Réunissant une quinzaine de pays membres, la CGLTE-OA initie une action de mobilisation citoyenne destinée à sensibiliser les communautés, dénommée « Caravane Ouest Africaine : droit à la terre, à l’eau et aux semences paysannes, une lutte commune ! ».

Désormais élargie à l’Afrique centrale, la CGLTE gagne en zone d’action, en maturité et en notoriété grâce à la puissance des combats qu’elle mène pour la réappropriation, par les communautés, de leurs droits. Depuis 2016, quatre éditions de ce mouvement communautaire et citoyen ont été organisées.

La force des mobilisations citoyennes autour de ce mouvement panafricain puise, selon Massa Koné, son énergie dans la « solidarité » qui la caractérise. Tout comme la CGLTE, le parcours de Massa Koné n’a pas échappé à cette règle d’or. Dès son engagement pour les communautés, il a toujours été, de part et d’autre, accompagné par des militant(e)s et des victimes d’expropriations foncières, parfois sans expérience, mais conscients des enjeux de la lutte. Il a su s’adapter, être résilient et avancer en faisant de certaines faiblesses des opportunités de formation.

Sa détermination, son courage, la constance du paysan-juriste ainsi que son leadership ont su porter la voix de ceux et celles qu’on entend très peu. Il défend avec certitude les droits fonciers des communautés et rappelle, avec conviction et perspicacité, que la dignité humaine ne se négocie pas.

Michael Moukouangui Moukala

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