Selon le Rapport sur la situation des éléphants de forêt africains 2024, publié par le Groupe de spécialistes des éléphants d’Afrique (AfESG) de la Commission pour la sauvegarde des espèces (CSE) de l’UICN, cette évaluation repose sur les progrès significatifs réalisés dans les techniques d’étude basées sur l’ADN et le suivi étendu à l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce. Sur la base de cette méthode, 94% de tous les éléphants de forêt africains recensés proviendraient ainsi d’estimations scientifiquement solides, contre seulement 53% en 2016.
« Ce rapport fournit l’image la plus précise à ce jour des populations insaisissables d’éléphants de forêt africains. Il nous montre que les mesures de conservation fonctionnent pour ces animaux emblématiques, ‘jardiniers’ forestiers essentiels à la dispersion des graines d’arbres. Grâce à ces nouvelles données, nous disposons d’une occasion sans précédent de concentrer les efforts de conservation là où ils sont le plus nécessaires et de donner à l’espèce une réelle chance de se rétablir », a déclaré la Dr Grethel Aguilar, Directrice générale de l’UICN.
Le Rapport a été présenté fin novembre dernier lors de la 20e réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES COP20), à Samarcande, en Ouzbékistan. Il met en évidence une étude historique, car c’est la première fois que les éléphants de forêt africains (Loxodonta cyclotis) sont évalués indépendamment des éléphants de savane africains (Loxodonta africana), après avoir été reconnus comme espèces distinctes en 2021.
D’après l’UICN, les éléphants de forêt africains sont notoirement difficiles à recenser en raison de la densité de la couverture forestière estime l’UICN. Les rapports se sont donc jusqu’à présent appuyés sur une combinaison d’estimations et de « suppositions » éclairées. Ces estimations proviennent en général des zones soigneusement étudiées, ce qui en fait les chiffres les plus fiables. Les « suppositions » s’appuient sur l’expertise locale, les signes de présence, l’utilisation d’une zone par les éléphants, des chiffres moins rigoureux que les estimations, etc.
La dernière évaluation intègre la capture-recapture d’ADN, une méthode qui identifie d’abord l’« empreinte génétique » unique de chaque éléphant à partir d’échantillons d’excréments. En effet, fait remarquer le rapport, en comparant les « captures » initiales avec les « recaptures » ultérieures, les scientifiques peuvent ensuite calculer la taille de la population avec une fiabilité bien supérieure. C’est cette méthode qui a fait école pour le recensement national de la population d’éléphants au Gabon où les individus sont estimés à 95 000. Celui-ci a été essentiel pour fournir une estimation plus précise de la population d’éléphants, révélant un nombre d’individus bien plus important qu’en 2016.
Toutefois, malgré ces résultats qui éclairent sur le travail abattu par les administrations africaines de la conservation, les Scientifiques et ONGs, les éléphants de forêt africains restent classés comme « En danger critique » sur la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées et doivent toujours faire l’objet d’une surveillance basée sur la lutte contre le braconnage et la destruction de leur habitat.
Michael Moukouangui Moukala






