Ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogo a procédé hier, vendredi 3 avril 2026, à la remise officielle des décisions de création de six (6) nouvelles forêts communautaires. Cette étape concrétise l’entrée en fonction officielle de ces forêts communautaires.
Selon un communiqué du ministère des Eaux et Forêts, la cérémonie de remise de décision de création s’est déroulée dans le village Meteck-Mavi à Ndzomoe, dans le département du Komo-Océan, dans la province de l’Estuaire. Au total, plus de 28 000 hectares de forêts ont été officiellement attribués aux communautés villageoises dans cette partie du pays.
« Aujourd’hui, le ministère des Eaux et Forêts concrétise les hautes instructions du Chef de l’État. Ce sont plus de 28 000 hectares de forêts qui sont désormais attribués aux communautés regroupées au sein des associations Fils et Filles de Meteck Mevie, Avole Begone Be Ya Nkoma, Unité de Mvam, Ndzomoe, Ekatso et Famille », a fait savoir Maurice Ntossui Allogo.
D’après le ministère, cette attribution concrétise les instructions du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema qui, lors de sa tournée républicaine avait instruit le Gouvernement à faciliter l’accès aux terres forestières aux populations rurales afin de renforcer le développement économique locale.
De son côté, Zita Kassa Wilks, Représentante de l’Initiative des forêts d’Afrique Centrale (CAFI) au Gabon, a réaffirmé l’engagement indéfectible du fonds fiduciaire en faveur du déploiement de cette vision nationale. « CAFI soutient le gouvernement gabonais dans le déploiement du programme de développement des forêts communautaires, en s’appuyant sur l’expertise technique de The Nature Conservancy (TNC).
Ma présence ici, à Ndzomoe, témoigne de notre volonté d’identifier les voies et moyens d’intensifier notre appui pour renforcer l’assistance financière et technique apportée au ministère des Eaux et Forêts, afin de transformer ces terres en de véritables leviers de développement économique et social au profit des communautés locales » a-t-elle déclaré.

Le mécanisme de la forêt communautaire, institué par le Code Forestier en 2001, permet à l’État d’attribuer gracieusement une portion du domaine forestier national à des communautés villageoises organisées en associations. Ce dispositif constitue un pilier majeur du plan de développement local, car il offre aux populations les leviers nécessaires pour financer leurs propres projets. En plaçant l’autonomie financière au cœur des terroirs, cette approche apporte une réponse concrète aux défis du chômage, de la précarité et de l’exode rural.
Selon l’article 156 de la loi qui fixe le cadre d’expression de ce concept, «la forêt communautaire est une portion du domaine forestier rural affectée à une communauté villageoise en vue de mener des activités ou d’entreprendre des processus dynamiques pour une gestion durable des ressources naturelles à partir d’un plan de gestion simplifié». La compréhension de cet article pose encore problème au sein des associations des communautés puisqu’au Gabon, les ¾ des forêts communautaires existantes sont spécialisées sur l’exploitation forestière.
De plus, au sein de ces entités, les conflits multiformes sont légions, pénalisant la conduite des activités et compromettant le développement local tel que souhaité par les plus hautes autorités. Conscient de cette réalité, le ministre des Eaux et Forêts a exhorté les bénéficiaires à une gestion exemplaire et inclusive, tout en les invitant à diversifier leurs sources de revenus en privilégiant la valorisation de ressources autres que le bois d’œuvre, telles que les produits forestiers non ligneux (PFNL), ainsi que sur le développement d’activités agricoles et de cueillette durable.
Ces nouvelles créations rehaussent ainsi le nombre des forêts communautaires en Convention définitive au Gabon et portent la valeur d’occupation foncière du territoire à plus de plus de 750 000 ha de forêt.
Michael Moukouangui Moukala






