Dans le Grand-Libreville, ¾ ménages manquent d’eau. Une situation causée par les difficultés d’approvisionnement, consécutives au déficit de 70.000 m³ enregistré par la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG). Dans ses projections, le Gouvernement ambitionne d’en venir à bout de ce problème d’ici 2030 en atteignant une couverture de 90% de production en eau potable.
A la question de Marc Perelman, journaliste de France 24 de savoir, pourquoi les gabonais n’ont toujours pas accès à l’eau et l’électricité alors que la promesse a été faite des mois en arrière, la réponse du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema a été évasive sur le volet eau. S’il a dit avoir ce problème à « cœur » et ne pas oublier la « détresse des Gabonais », sa réponse à plus permis de comprendre à quel moment les coupures intempestives d’électricité vont cesser dans le Grand-Libreville que l’approvisionnement effective en eau.
« Nous avons commencé à réaliser des centrales thermiques qui sont même déjà payées et nous attendons la livraison de tous ces chantiers. Aujourd’hui, nous avons investi plus de 800 milliards de francs CFA. D’ici le mois de juillet 2027, quelques centrales seront livrées et on sortira de ces problèmes de délestage », a fait savoir le Président sans donner de précisions sur le volet eau qui constitue actuellement dans le Grand-Libreville, un stress permanent pour plusieurs quartiers.
Alors que ce problème perdure depuis plusieurs années, que des promesses ont été faites sous forme de « duperie » et que pour se procurer le précieux liquide, nombreux sont les populations qui parcours chaque jours, plus de 300 mètres, toute chose contraire aux recommandations des Nations Unies, l’accès à l’eau s’est de plus en plus dégradé ces dernières semaines dans le Grand-Libreville où les zones de fourniture ont été asséchées pour des raisons inconnues. C’est particulièrement le cas à l’Hôtel-De-La-Can vers la zone dite derrière la mosquée, au PK7, PK8, à Lasga ou encore Malaba pour ne citer que ces zones.
« Il y a longtemps que l’eau n’arrive plus dans nos maisons ici. Pour se procurer le précieux liquide, nous sollicitons les services des jeunes à qui nous remettons de l’argent pour nous remplir quelques bidons. Sauf que, le robinet qui nous ravitaille est asséché depuis quelques semaines. Pour se procurer de l’ eau, il faut se lever tard dans la nuit. Tout le monde n’a pas cette force », s’indigne un habitant de l’Hôtel-De-La-Can qui dit ne pas être rassuré suite à la réponse donnée par le président de la République concernant le volet eau.
La crise est réelle et elle a des conséquences à plusieurs niveaux, sur l’éducation des apprenants, la santé des populations et les finances des ménages. Pour atteindre l’accès universel à l’eau, le Gouvernement s’est engagé à porter le taux de couverture au précieux liquide à 90% d’ici 2030, soutenu par des projets d’envergure. Pour atteindre ces cibles, l’État prévoit par exemple d’investir près de 2 000 milliards francs CFA sur sept ans afin de moderniser les infrastructures et redresser la situation de Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG). Mais ce n’est pas la première fois que des promesses visant l’amélioration de l’approvisionnement en eau sont faites. Le Programme intégré pour l’alimentation en eau potable et l’assainissement de Libreville (PIEPAL) perçu il y a des années en arrière comme la planche de salut, laisse les gabonais dubitatifs sur de nouvelles promesses.
L’accès à l’eau potable et à l’assainissement est le 6e Objectif de Développement Durable (ODD 6) fixé par l’ONU. Il vise à garantir un accès universel et équitable à une eau sûre et abordable d’ici 2030, tout en améliorant la gestion des ressources en eau et des écosystèmes. Au Gabon, cette garantie est sujet à caution, alors que beaucoup de ménages subissent le stress hydrique au quotidien dans l’indifférence.
Michael Moukouangui Moukala






