Ces dernières années, plus une saison ne passe sans que les cas de pollution aux hydrocarbures soient constatés ou annoncés. Dans une communication, à l’occasion de la rencontre organisée le 5 juin dernier par l’Académie de Protection de l’Environnement et des Ressources Naturelles (APERN) au Camp de Gaulle autour du thème : « La transition écologique et le développement durable au Gabon », l’Agence Gabonaise d’Etudes et d’Observations Spatiales (AGEOS) est revenue sur la gravité de ces pollutions.
Quel apport a, la surveillance environnementale assistée par satellite sur la Zone économique exclusive (ZEE) du Gabon ? C’est la question sournoise à laquelle a répondu la communication de l’AGEOS qui, de facto, a mis en avant les pressions qui menacent l’équilibre de cette zone. Au nombre de ces pressions : la récurrence des pollutions aux hydrocarbures détectées grâce à l’apport des technologies spatiales.
En effet, soutient l’AGEOS dans un résumé suite à cette communication, grâce aux capacités d’observation satellitaire, les équipes de l’Agence identifient régulièrement des nappes d’hydrocarbures affectant les eaux nationales. « Les analyses réalisées montrent que ces pollutions proviennent majoritairement des activités pétrolières offshore. À cela, s’ajoutent les pollutions transportées depuis les zones maritimes situées au sud du Gabon, sous l’effet combiné du courant marin de Benguela et des vents de surface », fait-t-elle savoir.
Pour l’agence, cette situation souligne l’urgence de renforcer la coopération entre les administrations publiques, les opérateurs économiques, les organismes de contrôle et les partenaires techniques, afin de mettre en œuvre des solutions durables pour la préservation des écosystèmes marins et la protection des ressources halieutiques dont dépendent de nombreuses communautés.
Cet appel à une action concertée et synergique est d’autant plus nécessaire que la pollution due aux hydrocarbures devient monnaie courante dans de nombreuses zones au Gabon où les activités d’exploitation pétrolière perdurent. Setté-Cama et Loango, site Ramsar et aire protégée nationale, à Gamba, dans le département de Ndougou, dans la province de l’Ogooué-Maritime, sont notamment soumis à cette réalité. Pollution de la plage et impact sur la vie marine et faunique, pollution de la lagune Ndougou, les deux sites font constamment l’objet de pollution.
Tout récemment, au premier trimestre de l’année 2026 en cours, plusieurs cas de pollution documentés par des alerteurs, les communautés locales à Gamba et la presse nationale ont mis en avant la durabilité d’un incident industriel dont les autorités peinent à punir les responsables. Si jusqu’à ce jour, les compagnies responsables de cette pollution n’ont pas été inquiétées, l’AGEOS rappelle une réalité pourtant implacable qui pourrait servir à inverser la donne. « La transition écologique ne peut être efficace sans une connaissance précise du territoire. Grâce aux technologies spatiales, le Gabon dispose désormais d’outils innovants pour anticiper, surveiller et protéger durablement ses ressources naturelles », souligne l’agence.
C’est dire que le Gabon dispose d’un levier stratégique qui devrait lui permettre d’identifier les responsables de ces pollutions. Curieusement, le Gouvernement semble avoir fait le choix de ne pas exploiter le potentiel de l’AGEOS dans les cas critiques comme celui de la pollution aux hydrocarbures.
Séraphin Lame






