Le Gabon engage une nouvelle étape dans sa politique de conservation de la biodiversité. À travers la révision de sa Stratégie et de son Plan d’action nationaux pour la biodiversité (SPANB), le pays entend aligner ses priorités nationales sur le Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal, une feuille de route internationale adoptée pour la période 2020-2030.
La démarche a retenu l’attention lors de l’atelier national de validation de la SPANB, organisé à Libreville. Cette rencontre vise à examiner les orientations de la future stratégie nationale et à définir les actions nécessaires pour répondre aux engagements pris par le Gabon dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique (CDB).
Le Gabon inscrit sa stratégie dans les objectifs de la Convention sur la diversité biologique
Intervenant lors de cet atelier, le point focal national de la Convention sur la diversité biologique, Aimé Serge Mibambani Ndimba, a rappelé le parcours du Gabon depuis son adhésion à cet accord international.
Issue du Sommet de la Terre de Rio de 1992, la Convention sur la diversité biologique repose sur trois objectifs majeurs : la conservation de la diversité biologique, l’utilisation durable de ses composantes et le partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques.
Ratifiée par le Gabon en mars 1997, cette convention fonctionne selon des cycles programmatiques de dix ans, au cours desquels les États actualisent leurs stratégies nationales afin de répondre aux nouveaux objectifs mondiaux.
Trois cycles de mise en œuvre et des avancées nationales
Depuis l’élaboration de sa première SPANB en 2000, le Gabon a progressivement renforcé son cadre de protection de la biodiversité.
Durant le premier cycle (2000-2010), le pays a adopté plusieurs textes réglementaires encadrant la gestion durable des ressources naturelles, notamment le Code forestier, ainsi que les codes relatifs à l’agriculture, à la pêche et à l’aquaculture. Cette période a également été marquée par la création des 13 parcs nationaux en 2002, couvrant près de 11% du territoire terrestre national.
Le deuxième cycle (2010-2020), consacré à la mise en œuvre du Plan stratégique pour la diversité biologique et des objectifs d’Aïchi, a permis au Gabon de renforcer la protection de ses espaces marins avec la création de 20 aires marines protégées, représentant environ 26 % de ses eaux marines.
Cette phase a également été marquée par l’adoption de nouveaux textes législatifs, notamment dans les secteurs des hydrocarbures et des mines.
Une nouvelle feuille de route alignée sur Kunming-Montréal
La période actuelle (2020-2030) s’inscrit dans le cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal. Adopté en 2022, ce cadre fixe quatre objectifs généraux et 23 cibles destinées à guider les efforts des États pour préserver la biodiversité et favoriser la restauration des écosystèmes.
À l’image des autres pays signataires de la Convention sur la diversité biologique, le Gabon procède donc à la révision de sa SPANB afin d’intégrer ces nouvelles orientations internationales dans ses politiques nationales.
Financement, données et capacités : les défis de la mise en œuvre
Si les engagements sont définis, leur concrétisation représente un défi majeur. Au cours de l’atelier, les enjeux liés au financement, au renforcement des capacités et à la disponibilité des données nécessaires au suivi des progrès ont été identifiés comme des éléments essentiels pour réussir la mise en œuvre de la nouvelle stratégie.
La collecte et la production de données fiables constituent notamment un enjeu important pour permettre au Gabon d’évaluer régulièrement l’état d’avancement de ses actions et de renseigner ses rapports nationaux dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique.
Une continuité dans l’action pour préserver la biodiversité
Pour Aimé Serge Mibambani Ndimba, la révision actuelle de la SPANB ne constitue pas une rupture, mais s’inscrit dans la continuité des efforts engagés par le Gabon depuis plusieurs décennies.
Avec cette nouvelle stratégie, le pays cherche à actualiser ses outils d’action afin de poursuivre ses engagements en matière de conservation de la biodiversité et de répondre aux objectifs fixés par le Cadre mondial de Kunming-Montréal à l’horizon 2030.
Wilfried Mba N






