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Transformation locale du manganèse : le Gabon face aux défis énergétiques

23 juillet 2026
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Transformation locale du manganèse : le Gabon face aux défis énergétiques
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Le Gabon vient d’obtenir la transformation sur son sol de 700 000 tonnes de minerai de manganèse par an, soit 10 % de la production annuelle de la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), la filiale d’Eramet. La matérialisation de cette transformation dépend cependant d’une ressource énergétique abondante, sans quoi rien ne sera possible d’ici 2031.

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Faute d’avoir totalement fait plier les autorités françaises, avec elles, le groupe éponyme Eramet, acteur historique de l’industrie minière et métallurgique dans le monde, les autorités gabonaises vont se contenter d’une transformation a minima de 700 000 tonnes de manganèse, environ 10 % du manganèse extrait de la mine de Moanda, dans la province du Haut-Ogooué.

Si ce petit exploit est loin de la vision souhaitée de Brice Clotaire Oligui Nguema, celui-ci conforte cependant l’enthousiasme des Gabonais qui y voient un début à une longue aventure dans la transformation de ce minerai. Et pour cause, ils sont nombreux à applaudir cette avancée, la qualifiant même de « tournant historique » après des décennies de prédation du manganèse sans contrôle ni emprise de l’État.

Problème : derrière le deal de Paris, une conditionnalité peu discutée, celle de la responsabilité du Gabon de mettre à disposition d’Eramet l’énergie nécessaire pour parvenir à l’horizon de transformation de manganèse défini dans le protocole d’accord, ne fait pas l’objet de questionnements. Le non-dit de ce partenariat est justement ce point de choc pour le Gabon, suivant « les scénarios industriels à l’étude » et les « responsabilités » des deux parties.

« Ce qui me réjouit dans cet accord, c’est aussi la méthode : une co-construction rigoureuse avec les autorités gabonaises, des engagements mutuels clairs, dont celui de la République gabonaise d’assurer les conditions énergétiques nécessaires. Et une règle simple : aucun projet n’ira de l’avant s’il n’est pas viable économiquement », publiait hier, mardi 21 juillet, Christel Bories sur son compte LinkedIn.

Tout est visiblement dit dans cette phrase : sans énergie abondante, il n’y aura pas de transformation de manganèse au Gabon et le cycle d’emprise d’Eramet sur la ressource continuera. On peut cependant se réjouir de la signature à Paris, entre l’État gabonais et EDF Power Solutions, d’un protocole d’engagement mutuel relatif au développement du projet hydroélectrique de Booué.

D’une capacité projetée de 400 MW sur l’Ogooué, ce projet est appelé à devenir l’un des plus importants aménagements hydroélectriques de la sous-région. Si, d’après un technicien en électricité contacté par notre rédaction, ce projet pourrait répondre aux besoins énergétiques souhaités, l’État gabonais aurait-il les moyens nécessaires pour faire aboutir ce projet ? La question reste posée.

Au Gabon, le déficit énergétique est estimé à 300 MW contre une capacité installée nationale d’environ 704 MW, pour une demande estimée à plus de 1 000 MW. Ce déficit, eu égard aux projets industriels d’envergure annoncés, doit être réévalué, compte tenu du caractère énergivore des unités industrielles telles qu’une usine de transformation de manganèse. Autre problème, il faut, toujours selon le technicien en électricité, en moyenne cinq ans pour porter un projet d’envergure de centrale hydroélectrique. Si les conditionnalités et la périodicité de la transformation du manganèse à l’horizon 2031 sont connues, certains paramètres suscitent des interrogations.

Michael Moukouangui Moukala

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