Du Gabon au Sénégal en passant par le Bénin, le Togo, la Côte d’Ivoire et le Nigéria, la question des inégalités sociales et communautaires comporte des traits quasi communs. Pour faire face à ces inégalités qui relèvent des facteurs multiformes, le Collectif africain pour la justice climatique (CAJC) qui s’est réuni hier, jeudi 06 août 2026 dans un hôtel de la place à Cotonou, lors d’un panel, propose la « Solidarité » comme remède face aux maux qui affectent ces communautés.
Axé sur le thème : « Partir de la base : Stratégie collaboratives pour la justice climatique », la rencontre de l’ACJC a été organisée en marge du Forum social mondial (FSM, Cotonou 2026). La rencontre avait pour objectif d’écouter les réalités vécues par les communautés pour ensuite, proposer des stratégies. De cet exercice, il ressort que la montée du niveau de la mer, la problématique de l’urbanisation des villes (Bénin et Togo), le développement agricole avec des effets certains sur la perte des semences paysannes (Gabon et Bénin), le développement des projets pétroliers (au Nigérai et au Sénégal) et l’implantation des sociétés forestières (Côte d’Ivoire) ont eu des conséquences au sein des communautés dans les pays cités.
Représentant de la communauté Codaf (Uzere Community in Isoko South LGA of Delta State Nigeria), Georges Eriega a d’ailleurs présenté une situation explosive et insoutenable dans son village en raison du développement de l’activité pétrolière depuis plusieurs années. Depuis la découverte et le développement de l’exploitation pétrolière par Shell il y a des décennies, son village est devenu l’ombre de lui-même, affecté par des difficultés multiformes comme la division des familles, les problèmes d’accès à l’eau, les difficultés agricoles et géologiques. Georges présente cette situation comme étant un « véritable enfer » et appelle à l’aide. « Aidez- nous à nous mettre ensemble pour trouver des solutions à notre problème », a-t-il lancé d’un ton désespéré lors du panel.
Face à ces préoccupations, l’ACJC dont l’objectif est d’accompagner les communautés à trouver des solutions pour faire face aux problèmes écologiques dont elles sont confrontées, propose la « Solidarité » comme remède face aux inégalités dont sont victimes ces communautés. Pour Rumbidzai Mpahlo, Coordinatrice de l’ACJC, « le partage de l’information est essentiel dans ces circonstances », ajoutant que de nombreuses injustices se produisent sans que le grand public en soit pleinement informé ou dispose d’informations fiables. « En partageant les informations, nous renforçons la solidarité et les actions de plaidoyer », a-t-elle laissé entendre.
Un écho partagé par l’ensemble des membres présents qui croient en la force de la solidarité pour surmonter les situations. Le cas du projet Grande Tortue Ahmeyim (GTA) au Sénégal où Syn Dev s’est associé avec plusieurs groupement sociaux, dont la communauté des pêcheurs, les femmes transformatrices et mareyeuses de la Langue Barbarie, membres de l’Association des pêcheurs à la Ligne de Saint Louis (APAL – SL) illustre la trajectoire souhaitée par Rumbidzai Mpahlo.
La solidarité a toujours été un rempart efficace dans les grandes luttes. Dans un sens ou dans un autre, il est important que cette logique prédomine pour aider les communautés des pays représentés au Forum Social Mondial de Cotonou à trouver des solutions à leur problème grâce à ce mécanisme qui a déjà fait école.
Michael Moukouangui Moukala






