Le naufrage du rig de forage Prospector 5, survenu le samedi 24 octobre au large de Mayumba, soulève une question encore sans réponse : des substances polluantes ont-elles été libérées en mer ? Pour l’heure, aucune information consultée ne permet de confirmer un déversement d’hydrocarbures. L’absence de signalement ne suffit toutefois pas à écarter tout risque pour les écosystèmes marins.
Le bilan humain reste au cœur des préoccupations. Sur les 115 personnes présentes à bord, cinq étaient toujours portées disparues selon les premières communications de BW Energy et de Borr Drilling. Le directeur général de BW Energy, Urbain Beka Nguema a indiqué que le rig avait perdu sa stabilité au moment de son installation sur la plateforme de production de MaBoMo. Des navires de soutien et des moyens aériens ont été mobilisés pour rechercher les disparus.
Dans sa déclaration, le dirigeant n’a toutefois fourni aucune précision sur les conséquences environnementales de l’accident. Aucun élément n’a été communiqué sur une éventuelle fuite, l’état des équipements immergés ou la mise en place d’une surveillance antipollution.
Pour sa part, Clotaire Kondja, le ministre du Pétrole, dans sa déclaration suite à l’accident, a annoncé qu’aucun rejet n’a été constaté jusqu’au moment de sa communication et que des moyens ont été mobilisé pour circonscrire les éventuels cas de pollution en vue de protéger le parc de Mayumba.
Cette annonce ne rassure pas pour autant sur la possibilité des rejets polluant. En effet, un rig de forage ne se résume pas à une structure métallique. Selon sa configuration, il comporte des réservoirs de carburant, des circuits contenant des huiles lubrifiantes ou des fluides hydrauliques, ainsi que des équipements utilisés pour les opérations de forage. Certains de ces produits peuvent présenter un risque pour le milieu marin s’ils sont libérés dans l’eau.
Le naufrage ne signifie pas pour autant que ces substances se sont déversées en mer. Encore faut-il connaître l’état de l’épave et de ses équipements. Si des réservoirs ou des circuits ont été endommagés, une fuite pourrait néanmoins survenir, immédiatement ou au cours des opérations d’intervention.
Les conséquences dépendraient alors de la nature des produits et des quantités libérées. Certains hydrocarbures peuvent rester à la surface et être transportés par les courants. D’autres composants peuvent se disperser dans la colonne d’eau ou s’accumuler dans les sédiments. Une pollution pourrait ainsi exposer différents organismes marins, du plancton aux poissons, en passant par les invertébrés et les oiseaux marins.
À ce stade, rien ne permet d’affirmer qu’un tel scénario est en cours au large de Mayumba. Pour évaluer le risque, il faudrait disposer d’observations sur place, d’une inspection de l’épave et, si nécessaire, de résultats d’analyses de l’eau et des sédiments.
Mais, avec Fabrice Ntchango, ancien secrétaire permanent du Conseil national climat (CNC), « cet incident rappelle l’urgence de renforcer la prévention des risques pétroliers, les secours et la surveillance environnementale. La sécurité des vies humaines, la protection de nos écosystèmes et l’avenir du Gabon exigent anticipation, responsabilité et action durable ».
Wilfried Mba N






