Si le Gabon s’est engagé dans un processus de révision de son Code forestier, le « draft 0 » du nouveau document, au constat des ONGs, n’aborde pas explicitement la question des Aires et Territoires du Patrimoine Communautaire (APAC-territoire de vie). Face à ce constat, les ONGs NADA et Muyissi Environnement mènent depuis plus de un an, un plaidoyer pour faire entendre les droits des communautés sur cette question.
En Afrique, si les peuples autochtones et communautés locales possèdent officiellement 80% des droits coutumiers sur les terres, ils ne jouissent cependant qu’à hauteur de 3% de ces droits. Cette disparité induit de facto, une marginalisation de ces communautés dans leur droit naturel à disposer de leurs territoires de vie.
Développé au Gabon il y a moins de deux décennies, les forêts communautés figure parmi « les territoires et les aires qui sont gouvernés, gérés et conservés par les Peuples Autochtones gardiens et les communautés locales gardiennes ». D’après Maurice Ntossui Allogo, le ministre des Eaux et Forêts, «la mise en place des forêts communautaires avait pour but de permettre aux communautés dans les villages de pouvoir jouir de leurs moyens de subsistance». Cette vision des choses contraste cependant avec la réalité. Et pour cause, à travers le pays, les ACC/APAC-territoire de vie font face à d’importants défis. Au nombre de ces défis : la limitation de l’initiative communautaire au seul classement en « aire protégée » classique, restreignant ainsi les droits et les activités de subsistance des communautés locales et autochtones.
Face à ce constat, les ONGs NADA et Muyissi Environnement mènent un plaidoyer pour la reconnaissance des APAC-territoires de vie/Aires Conservées Communautaires (ACC) pour que « ces territoires soient insérés dans le Code forestier en révision ». La tâche est noble mais le défis immense, même si, reconnait Walter Mbamy, directeur des Programme et des Opérations de l’ONG NADA, « le processus est au beau fixe, car la stratégie nationale de commercialisation de la viande de brousse reconnait les APAC-territoire de vie comme espace de prélèvement de la ressource faunique par les communautés ».
En effet, au Gabon, la question fait minimalement ou presque pas l’objet d’attention officielle de l’administration publique et des partenaires au développement. Ce qui montre que les défis sont encore immenses. Et, même si le Code forestier reconnaissait l’existence et la valeur écologique de ces territoires, cela ne suffirait pas de façon absolue à changer le regard et la considération de ces territoires. Mais le combat mené par les ONGs locales pour faire reconnaitre ces territoires à pourtant autant un rôle important en ce sens qu’il pourrait être la ligne de départ.
Dans la droite ligne de leur combat, NADA et Muyissi Environnement sillonnent depuis quelques temps les provinces du Moyen-Ogooué, de la Nyanga, de la Ngounié et de l’Ogooué-Ivindo pour faire entendre aux communautés, leur communication sur les enjeux et défis des ACC/APAC-territoire de vie pour la Conservation des Ecosystèmes et de la Biodiversité au Gabon. Dans son périple, NADA, Point focal du Consortium Mondial des APAC, est accompagné par l’ONG OELO, Muyissi Environnement et soutenu financièrement par RRI.
« Les actions que nous menons actuellement dans l’intérieur du pays ont pour but d’informer les communautés des avancées de la foresterie communautaires avec la reconnaissance des Aires conservées Communautaires. Ceci, afin d’avoir l’adhésion des communautés », a fait savoir Walter Mbamy.
Dans le prolongement de leur plaidoyer, les acteurs de la société civile entendre rencontrer les Députés et, continuer avec la cartographie et la documentation des territoires ancestraux et culturels que compte le Gabon.
Michael Moukouangui Moukala






