Le 8 mai 2026, le Gouvernement gabonais lançait une opération visant à limiter la pollution plastique dans le Grand-Libreville. Des filets pièges ont été installés aux exutoires des bassins versants de la Sablière, de Quaben et de Batavéa pour retenir les déchets transportés par les eaux avant qu’ils n’atteignent l’océan Atlantique. L’opération a été menée avec l’appui de Clean Africa.
Trois mois après leur installation, une question s’impose : quel est le premier bilan de ces dispositifs ? Combien de déchets ont-ils réellement retenus depuis leur mise en service ? Quelle quantité de plastique cela représente-t-il ? Et à quelle fréquence les filets sont-ils vidés ?
Pour l’heure, les informations publiques disponibles permettent surtout de connaître les sites concernés et les objectifs de l’opération. Aucun bilan chiffré des quantités de déchets interceptées n’apparaît dans la communication officielle consultée. Il est donc difficile, à ce stade, de mesurer concrètement l’efficacité des dispositifs.
Cette question est pourtant loin d’être secondaire. Les déchets qui transitent par les bassins versants finissent souvent dans les cours d’eau, puis dans l’océan. Une fois en mer, les plastiques peuvent être dispersés sur le littoral ou ingérés par la faune marine.
Les filets pièges constituent donc une réponse intéressante, mais essentiellement en aval du problème. Ils permettent de récupérer une partie des déchets après leur arrivée dans les cours d’eau, sans agir directement sur leur production et leur rejet en amont.
Le véritable bilan devra ainsi aller au-delà du nombre de filets installés. Il faudra connaître les volumes collectés, la nature des déchets récupérés, leur destination après collecte et l’évolution des quantités interceptées dans le temps.
Trois mois après le lancement de l’opération, une question est donc posée aux autorités et à Clean Africa : combien de déchets ces filets ont-ils réellement empêchés de rejoindre l’océan ? Ces données permettront de déterminer si le dispositif constitue une réponse efficace et durable à la pollution plastique dans le Grand Libreville, ou s’il doit être accompagné d’actions plus fortes en matière de prévention, de collecte et de gestion des déchets.
Wilfried MBA N.






