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Minkébé : l’orpaillage clandestin récidive, 19 individus dans les mailles du filet

1 octobre 2026
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Minkébé : l’orpaillage clandestin récidive, 19 individus dans les mailles du filet
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Dix-neuf ressortissants étrangers ont été interpellés les 28 et 29 septembre dans le parc national de Minkébé, dans la province de l’Ogooué-Ivindo, pour exploitation illégale de l’or et pénétration non autorisée dans un site protégée. Ces nouvelles arrestations illustrent la persistance de l’orpaillage clandestin dans plusieurs régions du Gabon.

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À Minkébé, l’orpaillage clandestin s’invite une nouvelle fois au cœur d’un espace dédié à la conservation. Les responsables du parc national, avec l’appui de la Compagnie Est de gendarmerie des parcs nationaux, ont interpellé 19 ressortissants étrangers lors de missions menées les 28 et 29 septembre dans cette partie de l’Ogooué-Ivindo.

Huit personnes ont été arrêtées le lundi 28 septembre et onze autres le lendemain. Selon l’Agence gabonaise de presse (AGP), le groupe est composé de 11 Camerounais, trois Tchadiens, deux Congolais, deux Nigériens et un Ivoirien. Seize des personnes interpellées ne disposaient pas de cartes de séjour. Les trois autres, détentrices de documents de séjour en cours de validité, ont été prises en flagrant délit d’exploitation illégale de l’or et de pénétration prohibée dans le parc.

Les 19 interpellés doivent être présentés au parquet près le Tribunal de première instance de Makokou. La procédure judiciaire devra notamment permettre d’établir les responsabilités individuelles dans cette affaire.

Une pression sur la conservation

L’enjeu de ces arrestations dépasse la seule question de l’exploitation minière sans autorisation. Dans une aire protégée comme Minkébé, l’installation d’activités aurifères clandestines peut entraîner le décapage des sols, le braconnage massif, la destruction du couvert végétal et la perturbation des habitats naturels.

Les travaux d’extraction et le lavage des minerais peuvent également affecter les cours d’eau, notamment par l’augmentation de la turbidité et de la sédimentation. À cela, s’ajoute l’installation de campements et la présence humaine dans des secteurs où les activités sont réglementées, avec le risque de favoriser d’autres pressions sur les écosystèmes.

L’exploitation illégale de l’or constitue ainsi à la fois une infraction à la réglementation minière et une pression supplémentaire sur les efforts de conservation du parc.

Un phénomène qui persiste malgré les opérations

Les 19 interpellations de Minkébé ne constituent pas un épisode isolé en 2026. Quelques mois auparavant, dans la province de la Ngounié, l’opération « Ekura », menée du 15 au 19 juin sur le site de Punga, à Etéké, avait conduit au démantèlement d’un important réseau d’exploitants illégaux et de trafiquants d’or. Cinquante-cinq personnes avaient alors été interpellées. Parmi lesquels, 28 ressortissants chinois, 21 Gabonais, trois Ghanéens, deux Camerounais et un Burkinabè.

Cette opération avait précédé de peu, la décision du gouvernement de suspendre provisoirement les activités de recherche et d’exploitation de l’or à petite échelle sur l’ensemble du territoire, dans un contexte présenté par les autorités comme marqué par une recrudescence de l’exploitation illégale.

À Minkébé, les nouvelles arrestations montrent toutefois que le phénomène continue de se manifester dans des zones particulièrement sensibles. Elles portent à 74 le nombre de personnes interpellées dans le cadre des deux opérations majeures d’Etéké et de Minkébé documentées en 2026.

En 2021, 62 orpailleurs illégaux avaient déjà été interpellés dans la zone de Ngama, à proximité des parcs nationaux de Minkébé et de l’Ivindo. Cinq ans plus tard, les arrestations se répètent. Si les opérations de terrain permettent de démanteler les campements et d’interpeller les exploitants, leur répétition souligne aussi la difficulté à contenir durablement l’orpaillage clandestin au Gabon. Bien plus, c’est la souveraineté nationale du Gabon qui est en question alors que le plus souvent, les orpailleurs clandestins sont de nationalités étrangères.

Wilfried Mba N

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