Le gouvernement reconnaît des insuffisances dans la gestion du parc d’équipements agricoles acquis pour soutenir la modernisation du secteur. Réuni en Conseil des ministres jeudi 25 juin, l’institution a annoncé une série de mesures de régularisation destinées à renforcer le suivi, la maintenance et l’utilisation de ces matériels, quelques semaines après les interrogations suscitées par leur état de conservation.
À l’issue du Conseil des ministres, le ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural a présenté une communication consacrée à la situation du parc d’engins agricoles destiné à soutenir la modernisation de l’agriculture et le renforcement de la souveraineté alimentaire.
Selon le communiqué final, cette évaluation a permis de mettre en évidence plusieurs insuffisances, notamment dans la réception complète des équipements, leur enregistrement au patrimoine de l’État ainsi que les modalités de leur gestion. Le gouvernement indique également avoir engagé un processus de régularisation reposant sur l’identification, l’immatriculation et l’assurance des matériels concernés.
Au-delà de ces mesures administratives, les autorités annoncent la mise en place d’un cadre réglementaire destiné à renforcer la gestion, la maintenance et l’utilisation optimale des équipements agricoles, avec pour objectif d’améliorer durablement les performances du secteur.
Un dossier déjà documenté
Cette communication intervient quelques temps après que la question de la gestion des équipements agricoles a suscité de nombreuses réactions à la suite de la diffusion d’une vidéo réalisée par le journaliste gabonais Chamberland Moukouama au Centre d’appui à la pêche artisanale de Libreville (CAPAL).
Les images montraient plusieurs engins et véhicules appartenant à l’État stationnés à ciel ouvert, certains depuis plusieurs mois, voire plusieurs années selon le journaliste. Exposés aux intempéries, notamment à l’air marin, ces équipements présentaient des signes visibles de dégradation, alimentant les interrogations sur leur état et leur utilisation.
Dans un précédent article, La Lettre Verte avait relayé ces constats tout en rapportant les différentes réactions suscitées sur les réseaux sociaux. Plusieurs observateurs évoquaient alors des difficultés dans la gestion du matériel public, tandis que d’autres appelaient à disposer d’éléments complémentaires permettant de mieux comprendre les circonstances de leur immobilisation.
Une reconnaissance institutionnelle des difficultés
Sans faire explicitement référence aux équipements observés au CAPAL, le Conseil des ministres reconnaît désormais officiellement l’existence de dysfonctionnements plus larges affectant la gestion du parc d’engins agricoles de l’État.
Les insuffisances identifiées concernent non seulement la réception des équipements, mais également leur intégration au patrimoine de l’État et les modalités de leur suivi administratif et opérationnel. Cette reconnaissance institutionnelle marque une étape importante, dans la mesure où elle confirme la nécessité d’améliorer la gouvernance des investissements publics consacrés au développement agricole.
L’enjeu de la mise en œuvre
Les annonces gouvernementales ouvrent désormais une nouvelle phase, celle de la mise en œuvre effective des mesures annoncées. L’identification des problèmes ainsi que l’adoption d’un cadre réglementaire étant effectué, le Gouvernement doit désormais garantir une meilleure traçabilité et une utilisation plus efficiente de ces matériels.
Dans un contexte où le Gabon ambitionne de renforcer sa souveraineté alimentaire et de moderniser son agriculture, la gestion efficace des équipements publics constitue un levier essentiel. Reste désormais à traduire les engagements annoncés en actions concrètes, afin que ces investissements bénéficient pleinement aux producteurs et contribuent au développement du secteur agricole.
Wilfried Ma N.






