Dans la nuit du 5 au 6 avril 2025, un pipeline de la compagnie pétrolière Perenco lâche, et 400 barils de brut se répandent autour de la station Coucal, dans la Ngounié. L’impact écologique est réel et une centaine de personnes sont mobilisées. 48 heures après, le pipeline est réparé et la société rassure en affirmant que plus des deux tiers du pétrole ont été récupérés et que les rivières ne sont pas touchées. Tout est sous contrôle, dit-on.
Sauf que le contrôle, chez Perenco, semble souvent venir après coup. Au Gabon, l’opérateur français accumule les incidents environnementaux, et ses promesses de nettoyage ne remplacent jamais la prévention. Preuves à l’appui, des résurgences locales dans les sols ont été détectées six mois après la fuite, ce qui a nécessité en février 2026, une mission conjointe pour relancer le nettoyage.
Le message est clair : Perenco excelle dans la réparation après la catastrophe, mais reste timide quand il s’agit d’éviter la catastrophe. Avec des pipelines vieillissants, un suivi environnemental minimal et des infrastructures sensibles aux aléas temporels, tous les ingrédients d’une récidive sont réunis sur le site de la compagnie pétrolière.
Pour les riverains et pour l’environnement, la question est simple. Combien de temps faudra-t-il avant que la prochaine fuite ne vienne tester la réactivité de l’entreprise ? Tant que la prévention restera secondaire, le Gabon continuera de jouer à la roulette russe avec ses rivières, ses forêts, ses animaux et ses sols. Pendant ce temps, ces compagnie telles que Perenco qui n’ont aucun intérêt géographique, historique et culturel, continueront de compromettre l’avenir des écosystèmes naturels du pays.
C’est peut-être ici la preuve que nettoyer, c’est bien mais prévenir, c’est encore mieux car avec Perenco, on est jamais à l’abri d’une nouvelle pollution.
Wilfried Mba N.






